‹ Théâtre de BeaumarchaisChapitre 135 sur 262 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

FIGARO

BARTHOLO

LE COMTE

FIGARO

Expliquez-vous.

MARCELINE, montrant Bartholo.

Voilà ton père. ^

FIGARO, désolé.

^ O oh ! aye de moi (

MARCELINE

Est-ce que la nature ne te Ta pas dit mille fois ?

FIGARO

Jamais.

LE COMTE, à part.

Sa mère!

i brid'oison.

C'est clair, i-il ne Tépousera pas.

^ ^^^^ BARTHOLO

[ Psi moi non plus.

MARCELINE

• Ni vous! Et votre fils? Vous m'aviez juré...

J'étais fou. Si pareils souvenirs engageaient, on serait tenu d'épouser tout le monde.

brid'oison.

E-et si Ton y regardait de si près, per-ersonne n'épouserait personne.

BARTHOLO

\ Des fautes si eonnues I une jeunesse déplorable !

MARCELINE, s' échauffant par degrés.

Oui, déplorable, et plus qu'on ne croit ! Je n'entends pas nier mes fautes, ce jour les a trop bien prouvées; mais qu'il est dur de les expier après trente ans d'une vie modeste ! J'étais née, moi, pour être sage, et je le suis devenue sitôt qu'on m'a permis d'user de ma raison. Mais dans l'âge des illusions, de l'inexpérience et des besoins, où les séducteurs nous assiègent, pendant que la misère nous poignarde, que peut opposer une enfant à tant d'ennemis rassemblés? Tel tious juge ici sévèrement, qui, peul-étre, en sa vie a perdu dix infortunées !

^^[;^=* Ce qui suil, enfermé dans ces deux index, a été retranché par les c(h médicns français aui représentations de Paris.

Hôï LE MARIAGE DE FIGARO.

FIGARO

Les plus coupables sont les moins généieiix; A

règle.

IfARCBLINKy TiTMiMBl.

Hommes plus qu'ingrats, qui flétrissez par le into jouets de vos passions, vos victimes ! c'est vous qri punir des erreurs de notre jeunesse ; vous et vos nuiigb si vains du droit de nous juger, et qui nous laissentaol par leur coupable négligence, tout nonnôle moyen ds sister. Est-il un seul état pour les malheureuses flUesi avaient un droit naturel à toute la parure des femnà y laisse former mille ouvriers de l'autre sexe. FIGARO, en colère.

Ils font broder jusqu'aux soldats!

MARCELINE, exaltée.

Dans les rangs même plus élevés, les femmes n'ol nent de vous qu'une considération dérisoire; lenrri respects apparents, dans une servitude réelie; trsilè mineures pour nos biens, punies en majeures pour m tes I Ah ! sous tous les aspects, votre conduite avee fait horreur ou pitié !

FIGARO

Elle a raison I

LE COMTE, à part.

Que trop raison I

rrid'oison.

Elle a, mon-on Dieu, raison.

MARCELINE

Mais que nous font, mon Ûls, les refus d*ua homn juste ? Ne regarde pas d'où tu viens, vois où tu vas seul importe a chacun. Dans quelques mois ta flanoi dépendra plus que d'elle-même; elle t'acceptera, fm ponds. Vis entre une épouse, une mère tendre, qui ti riront à qui mieux mieux. Sois indulgent pour ellea, hêi pour toi, mon fils; gai. libre et bon pour tout le mon ne manquera rien à ta mère.

FIGARO

Tu parles d or, maman, et je me tiens à ton avis. < est sot, en effet I II y a des mille et mille ans que la a roule, et dans cet océan de durée, où j'ai par naaaid al quelques chéiifs trente ans qui ne reviendront plos^ , me tourmenter pour savoir à qui je les dois 1 Taotps qui s*en inquiète. Passer ainsi la \\e à chamailler, c'est sur le collier sans relâche, comme les roallieareinL chi de la remonte des fleuves, qui ne reposent pas même % ils s'arrèteni, et qui tirent toujours, quo^qulia marcher. Nous attendrons, çc^^

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