‹ Théâtre de BeaumarchaisChapitre 195 sur 262 · SCÈNE VIII LE COMTE, BÉGEARSS · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII LE COMTE, BÉGEARSS

BÉGEARSS

Quel est votre projet sur Texamen de cet écrin?

LE COMTE tire de sa poche un bracelet entouré de brillants. Je ne veux plus le déguiser tous les détails de mon affront; écoute. Un certain Léon d'Astorga, qui fut jadis mon page, et que l'on nommait Chérubin...

BÉGEARSS

Je l'ai connu; nous servions dans le régiment dont je vous dois d'être major. Mais il y a vingt ans qu'il n'est plus.

LE COMTE

C'est ce qui fonde mon soupçon. Il eut l'audace de l'aimer. Je la crus éprise de lui; je l'éloignai d'Andalousie, par un emploi dans ma légion. — Un an après la naissance du fils... qu'un combat détesté m'enlève, (n met la main k ses yeux); lorsque je m'embarauai vice-roi du Mexique; au lieu de rester à Madrid, ou aans mon palais à Séville, ou d'habiter Aguas-Frescas, qui est un superbe séjour; quelle retraite, ami, crois-tu que ma femme choisit? Le vilain château d'Astorga, chef-lieu d'une méchante terre, que j'avais achetée des parents de ce page. C'est là qu'elle a voulu passer les trois années de mon absence; qu'elle y a mis au monde... (après neuf ou dix mois, que sais-je?) ce misérable enfant, qui porte les traits d'un perfide! Jadis, lorsqu'on m'avait peint pour le bracelet de la comtesse, le peintre ayant trouvé ce page fort joli, désira d'en faire une étude : c est un des beaux tableaux de mon cabinet.

BÉGEARSS

Oui... (il baisse les yeux.) A telles enseignes que votre épouse...

LE COMTE, vivement.

Ne veut jamais le regarder? Eh bien , sur ce portrait j'ai fait faire celui-ci, dans ce bracelet, pareil en tout au sien, fait par le même joaillier qui monta tous ses diamants; je vais le substituer à la place du mien. Si elle en garde le silence, vous sentez que ma preuve est faite. Sous c[uelque forme qu'elle en parle, une explication sévère éclaircit ma honte à l'instant.

270 LA MÈRE GOUPAÇLE.

BÉGEARSS. I «r

Si VOUS me demandez moQ avis, monaieuf», j(i l^AlM V m tel- projet. ' ' '

LB GOlfTS.'

Pourquoi?

BÉGEARSS^ I 1

L'honneur répugne à de pareils moyens. Si QImIhi |" hasard, heureux ou malheureux, vous eût présenté œrin faits, je vous excuserais de les approfondir. Mais tendra m piège! des surprises! £h! quel homme, un peu ài/kÊL voudrait prendre ua tel avantage sur son plufe tfkipl ennemi ?

LE COMTE

Il est trop tard pour reculer : le bracelet est ftit^ le iKh

trait du page est dedans... •. • .

BÉGEARSS prend récrin.

Monsieur, au nom du véritable honneur...

LE COMTE a enloyé le bracelet de réeria.

Ah! mon cher portrait, je te tiisusl J'aurqi du mpilli.k joie d'en orner le bras de ma flUe, cent fois plus dlgàe fth

porter!... (Il y subsUluo l'autre.)

BKGEARSS, feint de s'y opposer. Ils tirent chacun Vécrio da Mm «M S liégeanis fait ouvrir adroitement le double, fond, ei dit i^fêo

Ah! voilà la boîte brisée.

LE COMTE regarde.

Non; ce n'est qu'un secret que le débat a bit oi|[f;tr<Ç( double fond renferme des papiers!

BÉGEARSS, s'y opp08|Ult,

Je ipç Q^tieJ. monsieur, que vous n'abuserea^ fï^ïrwt

LE COMTE, impatient.

c Si quelque heureux hasard vous eût pvéseQlâ cMliV faits, me. disais-tu dans le moment, je vous ewaùÊÊÊUliw les approfondir... » Le hasard me les offire^eljè

ton conseil, (n arrache les papiers»)

BÉGEARSS, arec chalaoTi

Pour l'espoir de ma vie entière, je ne voudrais pat nir complice d'un tel attentat ! Remettez ces papiers^ sieur, ou souffrez que je me retire, (u s'éidgnt. ïs

dus papiers et lit. Bégearss le regarde en dessons, et i'a| ment.)

LE COMTE, avec ftaronr.

Je n'en veux pas apprendre davantage; irei^oj^,tM|.i|ii autres, et moi' je garde celui-ci.

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