‹ Théâtre de BeaumarchaisChapitre 204 sur 262 · FLORESTINE, LE COMTE, BÉGEARS · texte numérisé non relu

FLORESTINE, LE COMTE, BÉGEARS

FLORESTINE, un bonquet au côté.

On VOUS disait^ monsieur, si occupé, que je n'ai pas 08i vous fatiguer de mon respect.

LE COMTE. ,i

Occupé de loi, mon enfant! ma fille ! Ah 1 je me plais à te donner ce nom; car j'ai pris soin de Ion enfance. Le mari de ta mère était fort dérangée : en mourant il ne laissa rien. Elle-même, en quittant la vie, t'a recommandée à xsMÊ soins. Je lui engageai ma parole; je la tiendrai, ma fille, ël te donnant un noble époux. Je te parle avec liberté devaiil cet ami qui nous aime. Regarde autour de toi ; choisis 1 Ne trouves-tu personne ici digne de posséder ton cœur?

FLORESTINE, lui fiaisant la main.

Vous l'avez tout entier, monsieur; et si je me vois consultée, je répondrai que mon bonheur est de ne point changer d'état. — Monsieur votre fils, en se mariant... (car sans doute, il ne restera plus dans l'ordre de Malte aujourd'hui), monsieur votre fils, en se mariant, peut se séparer de soa père. Ah ! permettez que ce soit moi qui prenne soin de vos vieux jours 1 C'est un devoir, monsieur, que je remplirai avec joie.

LE COMTE

Laisse, laisse monsieur réservé pour l'indifférence; on ne sera point étonné qu'une enfant si reconnaissante me donne un nom plus doux! Appelle- moi ton père.

BÉGEARSS

Elle est digne, en honneur, de votre confidence entière... Mademoiselle, embrassez ce bon, ce tendre protecteur. Vous lui devez plus que vous ne pensez... Sa tutelle n'est qu'un devoir. Il fut l'ami... l'ami secret de votre mère... et, pour tout dire en un seul mot...

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