‹ Théâtre de BeaumarchaisChapitre 65 sur 262 · SCÈNE VI LE COMTE, ROSINE, FIGARO · texte numérisé non relu

SCÈNE VI LE COMTE, ROSINE, FIGARO

Figaro allume tontes les bougies qui sont sur la table. LE COMTE.

La voici. — Ma belle Rosine 1...

ROSINE, d'un ton très-composé.

Je commençais, monsieur, à craindre que vous ne vinssiez pas.

LE COMTE

Charmante inquiétude!... mademoiselle, il ne me convient point d'abuser des circonstances pour vous proposer de partager le sort d'un infortuné ; mais quelque asile que vous choisissiez, je jure mon honneur...

ROSINE

Monsieur, si le don de ma main n'avait pas dû suivre à l'instant celui de mon cœur^ vous ne seriez pas ici. Que la

nécessité justifie à vos yeux ce que cette entrevue a d*imgulier.

LE COMTE

Vous, Rosine! la compagne d'un malheureux, fl8ii| tune, sans naissance!...

ROSINE

La naissance, la fortune! Laissons là les jeux du haori; et si vous m'assurez que vos intentions sont pures...

LE COMTE, à ses pieds.

Ah! Rosine! je vous adore !...

ROSINE, indignée.

Arrêtez, malheureux 1... vous ose?! profaner...! Tn|ii\^ res!... Va! tu n'es plus dangereux pour moi ;j'atie'n09f| mot pour te détester. Mais avant de t abandonner au ramèi qui t'attend (En pienrant.), apprends que je t'aimais; apprenk que je faisais mon bonheur de partager ton mauvais lorL Misérable Lindor 1 j'allais tout quitter pour te suivre. Maiili lâche abus que tu as fait de mes boutés, et l'indignité deeel affreux comte Aimaviva, à qui tu me vendais, pfit b|t n&trer dans mes mains ce témoignage de ma faibijs^. (^Qpijitu cette lettre ?

LE COMTE, Tivement.

Que votre tuteur vous a remise?

ROSINE^ fièrement.

Oui, je lui en ai l'obligation.

LE COMTE

Dieux, que je suis heureux! Il la tient de moi. Dans mon embarras, hier, je m'en suis servi pour arracher sa confiance; et je n'§i pu trouver Tinstant d^ vous en informer. Ah, Rosine! il est donc vrai que vous m'aimez véritablement !

riG4fio.

Monseigneur, vous cherchiez une flemme qui VD]i^ aiinftt pour vous-même....

ROSINE

Monseigneur !... Que dit-il?

LE COMTE, jetant son large mantean, parait en habit magnifiqa*.

la plus aimée des femmes! il n'est plus temps de vous abuser : l'heureux homme que vous voyez à vos pieds n'€tt point Lindor ; je suis le comte Aimaviva, qui meurt (i'asMNir, et vous cherche en vain depuis six mois.

ROSINE, tomb« Aêmë 1m brai du eomt«.

Ah!...

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