‹ Théâtre de BeaumarchaisChapitre 8 sur 262 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LE COMTE

Cette tournure grotesque...

FIGARO

Je ne me trompe point; c'est le comte Alraaviva.

LE COMTE

Je crois que c'est ce coquin de Figaro.

FIGARO

C'est lui-mcme, monseigneur.

LE COMTE

Maraud! si tu dis un mot...

FIGARO

Oui, je vous reconnais; voilà les bontés familières dont vous m'avez toujours honoré.

LE COMTE

Je ne te reconnaissais pas, moi. Te voilà si gros et si gras...

FIGARO

Que voulez-vous, monseigneur, c'est la misère.

Pauvre petit! Mais que fais-lu à Séville? Je t'avais autrefois recommandé dans les bureaux pour un emploi.

FIGARO

Je l'ai obtenu, monseigneur; et ma reconnaissance...

LE COMTE

Appelle-moi Lindor. Ne vois-tu pas, h mon déguisement, que je veux être inconnu ?

FIGARO

Je me retire.

LE COMTE

Au contraire. J'attends ici quelque chose, et deux hommes qui jasent sont moins suspects qu'un seul qui se promène. Ayons l'air de jaser. Eh bien, cet emploi?

FIGARO

Le ministre, ayant égard à la recommandation de Votre Excellence, me fit nommer sur-le-champ garçon apothicaire.

LE COMTE

Dans les hôpitaux de l'armée ? '2J

FIGARO

Non; dans les haras d'Andalousie.

LE COMTE, riant.

Beau début I

FIGARO

Le poste n'était pas mauvais, parce qu'ayant le districl des pansements et des drogues, ie vendais souvent aux hommes de bonne§ ipédecipe^ de cheval...

LE COMTE

Qui tuaient !es sujets du r:>i !

FIGARO

Ah, ah, il ny a po:nt de remède universel, mais qui B*at| pas iHtsié de guérir quelquefois des Galicieos, des GalataH,! des Auvergnats. |f<

LE COMTE

Pourquoi donc Tas-tu quitté?

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