‹ Théâtre de BeaumarchaisChapitre 86 sur 262 · CHÉRUBIN, SUZANNE, FIGARO, LA COMTESSE, LE COMTE, FANCHETTE, BAZILE · texte numérisé non relu

CHÉRUBIN, SUZANNE, FIGARO, LA COMTESSE, LE COMTE, FANCHETTE, BAZILE

(Beaucoup de valets, paysannes, paysans Têtus de blanc.)

IfiARO, tenant une toque de femme, garnie de plumes blanches et de rubans blancs, parle à la comtesse.

Il n'y a que vous, madame, qui puissiez nous obtenir cette iveur.

LA COMTESSE

Vous les voyez, monsieur le comte, ils me supposent un redit que je n'ai point; mais comme leur demande n'est pas éraisonnabie...

LE COUTE, «mbarrassé.

Il faudrait qu'elle le fût beaucoup...

FIGARO, bas à Susanne.

Soutiens bien mes efforts.

SUZANNE, bas à Figaro.

Qui ne mèneront à rien.

FIGARO, bas.

Va toujours.

LE COMTE, à Figaro.

Que voulez-vous ?

FIGARO

Monseigneur, vos vassaux, touchés de l'abolition d'un cerain droit fâcheux que votre amour pour madame...

LE COMTE

Eh bien, ce droit n'existe plus. Que veux-tu dire ?

FIGARO, malignement.

Qu'il est bien temps que la vertu d'un si bon maître éclate; lie m'est d'un tel avantage aujourd'hui, que je désire être 3 premier à la célébrer à mes noces.

LE COMTE, plus embarrassé.

Tu te moques, ami 1 l'abolition d'un droit honteux n'est que acquit d'une délie envers Thonnéteté. Un Espagnol peut vouloir conquérir la beauté par des soins; mais en exiger Je premier, le plus doux emploi, comme urîe servile redevance; th ! c'est la tyrannie d'un Vandale, elnon le droit avoué d'un loble Castillan.

FIGARO, tenant Suzanne par la main.

Permettez donc que cette jeune créature, de gui votre sagesse a préservé l'honneur, reçoive de votre main, publique-

14f) LE MARIAGE DE FIGARO.

ment, ia toque virginale, ornée de plumes et de ruba blancs, symbole de la pureté de vos întentioDS : adoplBHi la cérémonie pour tous les mariages, et qu'un quatrain eM en chœur rappelle à jamais le souvenir.. • LE COMTE, eabairasié.

Si je ne savais pas qu'amoureux, poëte et mu8icie& Ifâ trois titres d'indulgence pour toutes les folies...

FIGARO

Joignez-vous à moi, mes amis I

TOUS ENSBIOLB.

Monseigneur ! monseigneur 1

SUZANiOEy M comte* Pourquoi fuir un éloge que vous méritez si bienf ^

LE COMTE, à pirt.

La perfide !

FIGABO.

Regardez-la donc, monseigneur. Jamais plus jolie flanofc ne montrera mieux la grandeur de votre sacrifice.

SUZANNE

Laissez là ma figure, et ne vantons que sa vertu*

LE COMTE, *à part.

C'est un jeu que tout ceci.

Je me joins à eux, monsieur le comte; et cette cérémonie me sera toujours obère, puisqu'elle doit son motif à ramoir cbarmant que vous aviez pour moi.

LE COMTE

Que j'ai toujours, madame; et c'est à ce titre que je m rends.

TOUS ENSEMBLE

Vivat!

LE COMTE, & part.

Je suis pris. (Haut.) Pour que la cérémonie eût un peu phH d'éclat, je voudrais seulement qu'on la remit à tantôt (a part.) Faisons vite cbercber Marceline.

FIGABO, & Chérobin;

Eh bien, espiègle, vous n'applaudissez pas ?

SUZANNE

Il est au désespoir; monseigneur le renvoie*

LA COMTESSE

Ah ! monsieur, je demande sa grâce.

LE COMTE

Il ne la mérite point.

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