‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 2)Chapitre 100 sur 230 · ACTE IV, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VI

FRANÇOIS DE PAULE, le rejetant à genoux.

Ah ! cruel !

LOUIS

Juste, niais rigoureux ; J'en conviens: j'ai puni... non, j'ai commis des crimes. Dans l'air le nœud fatal étouffa mes victimes; L'acier les déchira dans un puits meurtrier : Inonde fut mon hourreau , la terre mon geôlier : Des captifs que ces tours couvrent de leurs murailles Gémissent oubliés au fond de ses entrailles.

FRANÇOIS DE PAULE

Ah ! puisqu'il est des maux que tu peux réparer, Viens !

LOUIS, debout.

Où donc ?

FRANÇOIS DE PAULE

Ces captifs, allons les délivrer.

LOUIS

[/intérêt le défend.

FRANÇOIS DE PAULE , aux pieds du roi.

La charité l'ordonne :

V iens , viens sauver ton âme.

LOUIS

En risquant ma couronne; Roi , je ne le peux pas.

Mais tu le dois, chrétien.

LOUIS

Je nie suis repenti, c'est assez.

FRANÇOIS DE PAULE , se relevant.

Ce n'est rien.

LOUIS

N'ai-je pas de mes torts fait un aveu sincère ?

FRANÇOIS DE PAULE

Us ne s'effacent pas, tant qu'on y persévère.

LOUIS

L'Eglise a des pardons qu'un roi peut acheter.

FRANÇOIS DE PAULE

Dieu ne vend pas les siens : il faut les mériter.

LOUIS, avec désespoir..

Us me sont dévolus, et par droit de misère !

Ah ! si dans mes tourmens vous descendiez, mon père,

Je vous arracherais des larmes de pitié !

Les angoisses du corps n'en sont qu'une moitié,

Poignante, intolérable, et la moindre peut-être.

Je ne me plais qu'aux lieux où je ne puis pas être.

En vain je sors de moi : fils rebelle jadis,

Je me vois dans mon père et me crains dans mon fils. «

Je n'ai pas un ami : je hais ou je méprise ;

L'effroi me tord le cœur sans jamais lâcher prise.

Il n'est point d$ retraite où j'échappe aux remords;

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