‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 2)Chapitre 119 sur 230 · ACTE V, SCÈNE VT · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VT

LOUIS

Autrement , sur ma foi , Tu t'abuserais fort, mon vieux compère.

TRISTAN

Oui, sire.

LOUIS , qui s'assoupit par degrés.

Je me sens bien ici; c'est plus vaste : on respire.

OLIVIER , à voix basse.

Il sommeille.

COMMISE , de même.

Tous trois , nous avons fait serment De l'avertir, messieurs, à son dernier moment.

TRISTAN

L'avertir! à quoi bon?

COMMINE.

Sa volonté débile Peut encore exercer une influence utile.

OLIVIER

Laisser à quelque ami des gages de bonté.

TRISTAN

Je veux bien , disons-lui la triste vérité.

LOUIS, toujours assoupi.

Tristan , veille sur moi.

TRISTAN

Sire, soyez tranquille.

OLIVIER

Qui la dira, messieurs?

TRISTAN

Il faut un homme habile , Un homme qui lui plaise, et qui sache amortir Le coup que le malade en pourrait ressentir.

(à Olivier. )

Vous.

OLIVIER

Mon Dieu !.. je suis prêt.

COMMINE.

Parlez-lui.

OLIVIER

Mais je l'aime, Je l'aime tendrement : me trahissant moi-même, A tant d'émotion je commanderais mal , Et mon attachement lui deviendrait fatal. 11 faut un homme ferme: aussi, plus j'examine, Plus je crois qu'un tel soin vous regarde, Commine.

Volontiers... Mais pourquoi prolonger son tourment? Mieux vaut aller au fait, même par dévoûment. Tristan, brusquez la chose.

OLIVIER

Et que Dieu vous inspire!

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