ACTE V, SCENE IX
Attends !... Quel rêve affreux !
La nuit, sous mes rideaux, un homme...
COITIER.
Un malheureux...
COMMIJVE , bas, au médecin.
Coitier !
COITIER.
Qui n'a commis que la moitié' du crime; Qui, le poignard levé, fit grâce à la victime.
LOUIS
Un poignard, un poignard! Nemours! point de pitié! Nemours !
COMMINE, à Coitier.
Qu'avez-vous fait! Il l'avait oublié.
COITIER.
Qu'entends-je?
LOUIS
Ah ! c'est agir en ami véritable Que de me rappeler le crime et le coupable.
(à Tristau. )
Est- il mort ?
TRISTAN
J'attendais...
Quoi ! traître, il n'est pas mort !
TRISTAN
Sire, c'est le dauphin qui, touché de son sort, M'a prié de suspendre...
LOUIS
Un ordre qui me venge !
Un ordre de son roi!... Votre excuse est étrange. Que s'est-il donc passé? L'ai-je bien entendu ? Sous ma tombe à Cléry me croit-on descendu ? Mon fils !... pour son malheur faut-il que je le craigne? S'il a régné trop tôt , il est douteux qu'il règne.
COITIER.
Eh! sire, laissez là le soin de vous venger.
C'est à Dieu maintenant , à Dieu qu'il faut songer :
Car votre heure est venue.
LOUIS , retombant sur le lit.
Hein! que dis-tu?
COITIER.
J'atteste Que ce jour où je parle est le seul qui vous reste : C'est le dernier pour vous.
LOUIS
Et pour mon prisonnier, Quoi qu'il m'arrive à moi, c'est aussi le dernier. Mais tu n'as pas dit vrai.
Par ce ('ici qui m'éclaire!