‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 2)Chapitre 127 sur 230 · LOUIS, LE DAUPHIN · texte numérisé non relu

LOUIS, LE DAUPHIN

LE DAUPHIN , à genoux auprès du lit.

O mon père, 6 mon roi, me voici devant vous. Recueillez dans les cieux, d'où vous pouvez m'entendre, Les regrets de ce cœur qui pour vous fut si tendre. Respectant vos rigueurs, votre fils méconnu Jamais, pour les blâmer, ne s'en est souvenu; Loin , bien loin d'accuser votre sagesse auguste, Je me cherchais des torts pour vous trouver plus juste. Je n'ai pu vous fléchir, et cette froide main, Que je couvre de pleurs, que je réchauffe en vain, Hélas! c'est donc la mort, et non votre tendresse. Qui permet aujourd'hui que ma bouche la presse; Et pour que votre fils ne fût pas repoussé , Mon père , il a fallu que ce bras fût glacé !

(se relevant.)

Moi ! sur la royauté lever un œil avide !

Elle seule a flétri ce visage livide;

Comme un présent fatal de vous je la reçois :

( Il prend la couronne.)

Puissé-je la porter sans fléchir sous son poids ! Que j'en sois digne un jour.

Page 1