‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 2)Chapitre 140 sur 230 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

les mêmes, GLOCESTER.

( Les femmes de la reine vont s'asseoir près des métiers à tapisserie. Le duc d'York est devant Luci, qui dévide un échevean de soie sur ses bras. )

ELISABETH , à Glocester.

Vous avez de mon fils reçu quelque message; Milord , il vous écrit ? Pour moi , j'en fais l'aveu , Ainsi que lord Rivers, il me néglige un peu : Me laisser deux longs jours sans lettres, sans nouvelles, C'est comprendre bien mal mes craintes maternelles.

GLOCESTEB.

Oui , voilà les enfans : pour nous ils ne font rien, Et les ingrats sont surs qu'on les recevra bien.

LE DUC D YORK, d'un air boudeur, à Luci quilui fait signe de se taive.

Les ingrats !

ELISABETH , à Glocester.

Votre grâce en dit plus que moi-même.

Eh! n'est-ce pas pour eux, pour eux seuls qu'on les aime? Pauvre ange ! qu'il m'oublie et qu'il ne souffre pas; Il n'aura point de tort.

GLOCESTER

Il vient; et sur ses pas Semant tous les chemins de fleurs , de verts feuillages, Nos Anglais , m'écrit-on , l'environnent d'hommages. C'est porté dans leurs bras qu'il arrive aujourd'hui ; Sa marche est un triomphe, et jamais, avant lui , Le noble sang d'York, jamais la rose blanche, N'ont ému tant de cœur d'une joie aussi franche.

ELISABETH

Vous m'enchantez, milord.

GLOCESTER

Moi, son humble sujet, Heureux de ces transports dont je chéris l'objet , J'arrive; et des douleurs je trouve ici l'image :

Tant d'attraits sont voilés des ombres du veuvage. Que ce front, pour un jour affranchi de son deuil,

Rayonne, heureuse mère, et d'ivresse et d'orgueil.

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