‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 2)Chapitre 150 sur 230 · ACTE I , SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I , SCÈNE III

Le dernier des Anglais peut contester leurs droits. Us étaient nés flétris , ces fruits de l'adultère ; iMais vos fils !...

ELISABETH

Ose-t-on déshonorer leur mère ?

Répondez-moi, milord : l'ose-t-on ?

GLOCESTER

Bruits menteurs , Dont je voudrais connaître et punir les auteurs.

ELISABETH

Oui'

ose:

Ah ! milady , que du faite où nous sommes Le spectacle qu'on a vous dégoûte des hommes!

ELISABETH

Mon frère, moi, mes fils, tout frapper à la fois! Je reste de surprise immobile et sans voix.

GLOCESTER

Enfin dans leur démence ils vont jusqu'à prétendre

Que d'un remords secret ne pouvant vous défendre ,

Tout entière à vos fils , vous les aimez assez

Pour vous sacrifier à leurs jours menacés ;

Et... puis-je d'un tel bruit me rendre l'interprète?

Signer l'aveu public des erreurs qu'on vous prête...

ELISABETH

Le signer!

GLOCESTER

Par tendresse : en préférant pour eux Une vie assurée à des droits dangereux.

ÉLISA.BETH

Le signer ! qu'à ce point la terreur m'avilisse !

Que de mon lâche cœur cette main soit complice,

Pour flétrir mes enfans, pour les déshériter,

Pour abdiquer ces droits qu'on leur vient disputer;

Droits augustes, milord, certains, incontestables,

Et dont j'écraserai tous ces bruits misérables !

Le signer! je suis faible, et cependant j'irais,

Reine et mère à la fois , dans mes yeux, sur mes traits

Portant le démenti d'une telle infamie ,

Aborder le front haut cette ligue ennemie!

J'irais , je traînerais mes deux fils sur mes pas;

Je prendrais d'Edouard l'héritier dans mes bras ;

Oui , j'en aurais la force, et courant leur répondre,

Au peuple rassemblé dans les places de Londrc,

Je dirais, je crîrais... Que sais-je? Ah ! si les mots

Me manquent, au besoin, mes regards, mes sanglots

Répandront au dehors ma douleur maternelle;

Si ma voix me trahit, mes pleurs crîront pour elle :

ce Peuple, sauve ton roi ! c'est Edouard, c'est lui ;

b Edouard orphelin qui te demande appui.

« Abandonné de tous, c'est en toi qu'il espère:

« \<!oj)le mes enfans qu'on prive de leur père.

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