‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 2)Chapitre 165 sur 230 · ACTE I, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IX

LE DUC d'yORK.

Porter la main sur moi !

(tirant à demi le poignard qui est à sa ceinture.)

Prenez garde, milord !

ELISABETH

Ali ! c'est impardonnable!

Votre oncle !... Où vous cacher a près un trait semblable? Evitez les regards; n'allez pas avec nous; Restez; nous recevrons votre frère sans vous; Et je veux à la Tour l'embrasser la première , Et vous n'y viendrez pas de la journée entière, Ni demain, ni plus tard, ni pendant tout un mois : J'en prends l'engagement. Vous verrez cette fois Si l'on tient avec vous sa parole royale.

(à Glocester.)

Partons, milord.

Non pas : quel .éclat! quel scandale!

Il sent trop son erreur pour y persévérer. Au reste, j'ai moi-même un tort à réparer. Je me rends à la Tour, où le conseil m'appelle;

( à Richard. )

Toutefois, ce présent qui fait notre querelle, Je vais vous l'envoyer, oui, j'y cours de ce pas; Mais j'en suis sûr, milord, vous ne l'attendrez pas.

ELISABETH

De cette fantaisie à la fin je me lasse ; J'entends, je veux qu'il reste.

GLOCESTER

Ah ! j'ai le droit de grâce, J'en userai pour lui; laissez-moi pardonner : Sans ce droit-là , ma sœur , qui voudrait gouverner?

(à Richard qui se détourne sans répondre. ) (bas à la reine en souriant.)

Nous quittons-nous amis? — Il est bien volontaire; Mais cet excès vaut mieux que le défaut contraire. Vous nous l'amènerez.

ELISABETH

Je sens que j'aurai tort.

GLOCF.STER.

Bientôt.

ELISABETH

Vous le voulez?

GLOCESTER, lui baisant la main.

A revoir donc !

LE DUC D'YORK , qui le suit des yeux.

Il sort !

Page 1