ACTE I, SCENE X
ELISABETH
A le livrer, milord? Qui viendra le chercher? Lui! mon fils! de mes bras qui pourra l'arracher? Qui donc? Mais, par pitié, qui donc?
BUCKINGHAM
La force ouverte, Les complots, un parti qui conspire leur perte.
ELISABETH
Glocester le connaît ce parti dangereux ; Ce qu'il fit pour Rivers , il le fera pour eux.
BUCKINGHAM
Pour Rivers !
ELISABETH
Ah! milord, vous pâlissez!
BUCKINGHAM
Non, reine; Non... ou plutôt je cède au zèle qui m'entraîne : Je pâlis, mais pour vous ; je pâlis d'un danger, Que le régent...
Eh bien ! il va les protéger.
le duc d'york.
Ma mère, il vous trahit !
ELISABETH
Lui!
BUCKINGHAM , vivement.
Ce doute l'offense.
Croyez qu'il s'armera pour prendre leur défense; 11 le doit.
ELISABETH
Le veut-il?
BUCKINGHAM
Reine... c'est son devoir.
Mais fuyez, hâtez-vous, et je cours le revoir. Gagnez de Westminster l'asile inviolable ! Jamais aucun parti, dans sa haine implacable, Jamais, dans son orgueil, aucun pouvoir humain Jusqu'au fond de ses murs n'osa porter la main.
ELISABETH
Ils sont accoutumés à voir couler mes larmes :
( au duc d'York.)
Loin de mon noble époux qu'avaient trahi ses armes. Ton frère , à la lueur de leurs pales flambeaux , Poussa ses premiers cris au milieu des tombeaux. Que les mânes des rois, témoins de sa naissance, Après l'avoir sauvé, recueillent ton enfance! Courons : pour te frapper sur mon sein maternel , On n'insultera pas nos prêtres, l'Eternel, Les ombres des héros que pleure l'Angleterre, La majesté des eieux et celle de la terre. Viens...