ACTE I, SCENE X. 29,'J
(se retournant tout- à-coup vers Bnckingham, et ibuilant en larmes.)
Mais, mon Edouard, je l'abandonne, lui ! Qui le protégera?
BUCKINGHAM
Comptez sur mon appui.
Que tout reste secret; gardez qu'une imprudence N'informe Glocester de cette confidence.
Si contre vos enfans il n'a rien médité (Et de son dévoûment vous seule avez douté) , Encourant vous chercher, je reviens vous l'apprendre ; Mais s'il vous a trahi, reine, il faut nous défendre, Unir nos partisans, et de sa trahison Les armes à la main lui demander raison.
le duc d'york.
Appelez-moi, milord; faut-il marcher? je l'ose: Mon sang pour Edouard, et Dieu pour notre cause !
ELISABETH
Toi combattre ! qui? toi, que dans mes bras je tiens! Si jeune, toi, mourir! non, viens, cher enfant, viens...
(Elle fait uu pas pour sortir, s'arrête; et s'adressant à Buckingbain aveu desespoir.)
Plaignez-moi : j'ai deux tîls , deux, fils que j'idolâtre; Je suis mère pour l'un, et pour l'autre marâtre. Je sauve et livre un d'eux; ils ont les mêmes droits, llester! partir! lepuis-je? et comment faire un choix?
(s'élancant vers Richard qu'elle entoure de ses bras.)
Ah! que dis-je? il est là : je le vois; il l'emporte. Je vous réponds de lui ; s'il meurt, je serai morte. Pour le fouler aux pieds , ils marcheront sur moi ; Mais le roi ! devant Dieu , répondez-vous du roi ?
BTJCKÏNGHAM.
Sur l'honneur.
ELISABETH
Devant Dieu !
BUCK1NGHAM.
Je le jure à sa mère.
ELISABETH
Vous défendrez mon fils !
LE DUC D YORK , se jetant au cou de Buckingharu.
Vous me rendrez mon frère.
FIN Dl PI, 1 M 1ER ACTE.