‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 2)Chapitre 177 sur 230 · ACTE II, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV

BUCKINGHAM

Quelle faute !

GLOCESTER

J'ai peine à me la pardonner.

J'aurais dû par toi seul me laisser deviner; J'étais sûr de ta foi.

BUCKJNGHAM.

Certes.

GLOC LSTER , eu souriant.

La reine est belle; Et je vous erois, cher duc, assez bien avec elle.

Moi !... sa grave beauté serait fort de mon goût; Ma gaîté, par malheur, ne lui va pas du tout.

GLOCESTER

J'avais compté sur vous pour certaine entreprise !..

BUCKJNGHAM.

Contre l'autel, milord! Qui s'y heurte s'y brise; Je vous l'ai toujours dit. Respectez le saint lieu. La haine tient long-temps dans les hommes de Dieu. Orgueil épiscopal , rancune monastique, Remuer tout cela n'est jamais politique.

GLOCESTER

Ta raison, Buckingham, quelquefois me confond.

BUCKINGHAM, en riant

Pas plus que moi , milord.

GLOCESTER

Ton esprit est profond.

BUCKINGHAM

Les fous sont étonnans dans leurs momens lucides.

GLOCESTER

De tous mes intérêts il faut que tu décides.

BUCKINGHAM, à part.

Me revient-il ?

GLOCESTER , avec bonhomie.

Pourtant tes conseils m'ont déplu : Mon pauvre Buckingham , oui , je t'en ai voulu. J'en conviens. J'étais fou; j'avais une pensée, Une pensée horrible , et je l'ai repoussée ; Elle m'aurait perdu : l'abîme était voisin ; J'v tombais.

BUCKINGHAM

Je le crois.

GLOCESTER

Embrasse-moi, cousin :

Tu m'as sauve.

BUCKINGHAM

Milord !

GLOCESTER

D'une chute certaine.

l;[ CKINGHAM, à part.

Me Miis-je trop pressé de parler à la reine ?

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