‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 2)Chapitre 176 sur 230 · GLOCESTER, BUCKINGHAM · texte numérisé non relu

GLOCESTER, BUCKINGHAM

GLOCESTER , à Ruckingham, qui entre.

De grâce, arrivez donc, cousin; on vous désire.

BUCKINGHAM

Très noble protecteur, souffrez que je respire. Je voulais des premiers saluer à la Tour Le roi, qu'auprès de vous je croyais de retour; Mais je suis peu surpris qu'il traverse avec peine L'océan plébéien dont chaque rue est pleine.

( allant à la fenêtre qu'il ouvre. )

Avant de m'accuser , milord , regardez-les : Quelle foule! on s'écrase; et de Douvre à Calais La mer, par un gros temps, a plus de courtoisie Que ce peuple agité jusqu'à la frénésie. 11 ne veut que son roi; froissé dans ses ébats, Meurtri de ses transports, je me disais tout bas Qu'on serait mal venu, par force ou par adresse, A lui ravir l'objet d'une si folle ivresse. Quand je vous parle ainsi, je ne suis pas suspect : Ils ont, parbleu ! pour moi montré peu de respect ; Et mon cheval pourtant est de plus noble race Que ce troupeau d'Anglais entassés sur la place.

GLOCESTER

Parlait-on de la reine?

BUCKINGHAM

Avec un dévoûment !...

GLOCESTER

Elle est à Westminster.

BUCKINGHAM

Elle!

GLOCESTER

Et son fils.

BUCKINGHAM

Vraiment?

GLOCESTER

C'est très vrai.

Dans quel but?

GLOCESTER

Si tu peux le comprendre, Tu me feras plaisir, cousin, de me l'apprendre.

BUCKINGHAM

Peut-être un mot de vous a causé son effroi.

GLOCESTER

< )ui , j'aurai trop parlé : tout le mal vient de moi. Il m'a fallu souvent descendre à l'imposture ; Mais j'y suis maladroit : c'est contre ma nature.

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