‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 2)Chapitre 203 sur 230 · ACTE III, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE II

TYRREL.

Peut-être pour un jour Un vieil usage encor vous confine à la Tour; Triste noviciat d'une grandeur prochaine : De l'ennui l'étiquette est cousine germaine; Mais vous croire captifs!

le duc d'york.

De noire liberté Sir Tyrrel à vingt ans se fût-il contenté ?

TYRREL.

Moi qui n'ai pas, milords, votre aimable innocence, En fait de liberté j'aime un peu la licence ; Mais j'ai tort , ainsi donc ne me consultez pas.

LE DUC D'YORK

Moins on goûte ce bien, et plus il a d'appas. Celui qui me rendrait ma liberté ravie Serait récompensé par-delà son envie.

TYRREL.

Le régent ne veut pas prolonger vos regrets, Et du couronnement il presse les apprêts.

C'est sûr?

TYRREL.

Vous ne pouvez manquer à cette fêle.

LE DUC D'YORK

Ni vous non plus , sir Jame, et je vous tiendrai tète :

Nous porterons tous deux sa royale santé.

TYRREL.

Tant que milord voudra,

le duc d'york.

Quelle docilité!

Et, comme on vous connaît certaine fantaisie, On vous fera raison avec du malvoisie.

TYRREL.

C'est un ancien ami fêté dans mes beaux jours; 11 m'a trahi, l'ingrat ! mais je l'aime toujours.

EDOUARD

Comment?

TYRREL.

Je ris, milord.

LE DUC d' YORK, en montrant Tyrrel.

Oh ! j'en sais sur son compte , Bien qu'il m'en cache encor plus qu'il ne m'en raconte.

(à Richard.) (à part, avec attendrissement.)

C'est vrai. — Comme il ressemble à mon pauvre Tomy ! Je crois le voir.

EDOUARD

Sir Jame, êtes-vous notre ami?

TYRREL.

N'en doutez point.

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