ACTE III, SCENE X
(le montrant aux princes avec terreur. )
Ses traits sont égarés! ses yeux... ah ! je frissonne.
TYRREL.
Vous restez devant moi muette de stupeur; Qu'avez-vous ?
ELISABETH
Vos regards...
TYRREL.
Eh hien ?
ELISABETH
Ils me font peur.
TYRREL.
Pour qui?
ELISABETH
Pour eux, Tyrrel. Sans doute c'estfaihlesse; Mais pensez au trésor qu'en partant je vous laisse.
TYRREL , s'aniruant par degrés.
Quoi ! me soupçonnez-vous de quelque trahison ?
ELISABETH
Vous !
Pour veiller sur eux j'ai toute ma raison.
ELISABETH
Ne vous offensez pas.
TYRREL.
Tout mon sang-froid, j'espère.
LE DUC UYORK , l>as à la reine.
Parlez-lui de son fils.
ELISABETH
Tyrrel, vous êtes père...
TYRREL.
Pourquoi renouveler ce souvenir affreux?
Je n'en ai plus de fils, et vous en avez deux.
ELISABETH
(les poussant clans les bras de Tyrrel. )
Que j'aime, que j'adore... — et que je vous confie.
TYRREL.
A moi !... cette terreur, rien ne la justifie.
J'ai reçu votre foi, vous devez la tenir;
Mais s'il faut vous contraindre à vous en souvenir,
Qu'un autre à vos enfans prête son assistance,
( avec violence.)
Pour moi, j'en fais serment...
ELISABETH , effrayée.
Je pars sans résistance...
TYRREL.
N'hésitez plus.
ELISABETH
J'ignore oii je dois les revoir :
Laissez-moi les bénir, c'est mon dernier devoir.
retendant les mains sur la tète de ses fils, qui sont tombés à gênons devant elle.')
) .es voilà prosternés sons mes mains, sous mes larmes!