‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 2)Chapitre 44 sur 230 · ACTE II, SCÈNE XL · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XL

Et tels sont les griefs dont je viens porter plainte, Sire , que sur mon front , où vous vovez l'effroi , La fureur qui m'agite a passé malgré moi.

LOUIS

Ces griefs , quels sont-ils ?

NEMOURS

Vous allez les connaître :

Pour très puissant seigneur le duc Charles, mon maître, Premier pair du royaume, et prince souverain...

LOUIS

Je connais les états dont je suis suzerain; Comte, passons aux faits.

NEMOURS

A vous donc , roi de France^ Son frère par le sang, comme par l'alliance, Moi, venu sur son ordre et parlant en son nom , J'expose ici les faits pour en avoir raison. Je me plains qu'au mépris de la foi mutuelle, Vous avez des Cantons embrassé la querelle. Prêtant aide et secours à leurs déloyautés, Vous les protégez, sire; et quand ces révoltés Nous jettent fièrement le gage des batailles, Vous recevez leurs chefs , présens dans ces murailles.

LOUIS , vivement.

Je ne les ai pas vus , et ne les verrai pas. Poursuivez.

Je me plains que Chabanne et Brancas , Comme à la paix jurée, à l'honneur infidèles, Ont la lance à la main surpris nos citadelles, Et, malgré les sermens que Louis de Valois, Que le roi très chrétien a prêtés sur la croix, Ont , en lâches qu'ils sont, par force et félonie , Fait prévaloir des droits qu'un traité lui dénie.

LOUIS

S'ils l'ont fait, que le tort leur en soit imputé; Us ont agi tous deux contre ma volonté.

NEMOURS

J'en demande une preuve.

LOUIS

Et vous l'aurez.

NEMOURS

Mais prompte,

Mais décisive.

LOUIS

Enfin?

NEMOURS

Leur châtiment.

r.ouis.

Vous , comte !

Quels que soient vos pouvoirs, c'est par trop exiger ; Car je dois les entendre avant de les juger.

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