‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 2)Chapitre 60 sur 230 · ACTE III, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE III

LOUIS

La raison?

MARCEL

Elle est claire :

Ils prennent votre argent souvent sans vous rien faire. Leur bailler mes éeus, pas si simple! il vaut mieux Acheter au voisin un quartaut de vin vieux, Et pour m'administrer ce remède que j'aime, N'avoir de médecin que le chantre et moi-même. Vu qu'on paie à grandsfrais tous ces donneurs d'espoir, On croit en revenir, et puis crac! un beau soir Plus personne!

Je souffre.

MARCEL

Au jour de l'échéance Force est bien , malgré soi, d'acquitter sa créance. Quel homme avec la mort a gagné son procès?

LOUIS , se levant.

Tu ne la crains donc pas , la mort?

MARCEL

Si j'y pensais , J'aurais peur comme un autre, encor plus, j'imagine; Mais pourquoi donc penser à ce qui vous chagrine? Pour peu que le curé nous en parle au sermon, Moi, je pense vignoble et je rêve moisson;

Ou je me dis tout bas ceci qui me console : Notre petit Marcel est beau que j'en raffole. Tous les ans il grandit :moi, mon temps; lui , le sien. Amassons pour qu'un jour il ne manque de rien: Que l'enfant nous regrette. Aussi bien, quoi qu'on fasse7 11 faut que tôt ou tard votre fds vous remplace.

Loris.

Mais le plus tard possible.

MARCEL

Ah ! c'est mieux.

OLIVIER

Ignorant \

J'ai tort.

olivier.

Des médecins le savoir est si grand !

MARCEL

Je parle du barbier de notre voisinage,

lit l'on sait ce que c'est qu'un barbier de village.

LOUIS , qui frappe sur l'épaule d'Olivier en riant.

Par Dieu , voici quelqu'un qui le sait mieux que toi , Tout ministre qu'il est.

OLIVIER, à Marcel.

Pourquoi ris-tu?

M A IlC EL.

Qui? moi ?

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