ACTE III, SCENE III
Ce seigneur dit un mot qui me semble agréable : J'en ris.
LOUIS
Vous l'appelez maître Olivier-le-Diable; Conviens-en.
MARCEL, vivement.
Non.
LOUIS
Si fait.
MARTHE , à Marcel.
Trop jaser nuit souvent :
Bouche close !
LOUIS
Entre amis !
MARTHE
Qu'on maudisse le vent, Quand il abat les fruits ou découvre la grange; L'orage, quand trop d'eau fait couler la vendange; L'orage ni le vent ne s'en fâcheront pas : Les grands, c'est autre chose : on a beau parler bas, Tout ce qu'on dit sur eux leur revient à l'oreille: Et l'on pleure le jour d'avoir trop ri la veille.
OLIVIER , à Marthe.
Pourtant si quelqu'un d'eux disait du mal du roi, Vous le dénonceriez?
MARCEL
C'est bien chanceux...
LOUIS
Pourquoi ?
MARCEL
L'argent qu'on gagne ainsi vous porte préjudice.
OLIVIER
Rêves-tu ?
MARCEL
Vos moutons meurent par maléfice; Vos blés sèchent sur pied. Tenez, l'autre matin, Le fermier du couvent dénonça son voisin ; La grêle à ses vergers fît payer sa sottise, Tout périt, et pourtant c'était du bien d'église.
olivier.
Maître fou !
MARCEL
Je l'ai vu : demandez à Richard.
RICHARD
C'est sûr.
LOUIS, sévèrement.
Dieu l'a puni d'avoir parlé trop tard.
MARCEL
Je vous crois: après tout, Dieu veuille avoir son âme. Que vous sert votre argent si l'enfer vous réclame? Aussi mon cœur, s'en va quand je vois sur le soir