‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 2)Chapitre 67 sur 230 · CTE III, SCENE V · texte numérisé non relu

CTE III, SCENE V

LE DAUPHIN

Je le sais.

LOUIS

Beau sujet d'être heureux: des cris quand vous passez ! Le peuple, en ramassant un écu qu'on lui jette , Fatigue de ses cris quiconque les achète. Jugez mieux de l'accueil qu'on vous a fait ici : J'ai parlé, j'ai payé pour qu'il en fût ainsi.

LE DAUPHIN

Quoi ! sire, cette joie , elle était commandée?

LOUIS

Par moi.

LE DAUPHIN

Mon cœur se serre à cette triste idée.

LOUIS

Que la leçon vous sarve : afin d'en profiter . Sous les créneaux*d'Amboise allez la méditer.

LE DAUPHIN

Qu'ai-je donc fait?

Vous! rien; et qu'oseriez-vous faire?

Que pouvez-vous?

LE DAUPIUX.

Hélas ! pas même vous complaire.

C'est mon unique espoir, e'est mon vœu le plus doux ; Mais..

LOUIS

Parlez !

LE DAUPHIN

Je ne puis.

LOUIS

Pourquoi trembler?

LE DAUPHIN

Moi?

LOUIS

Vous.

LE DAUPHIN

Du moins quand d'un vassal l'envoyé vous offense, Je ne tremble pas.

LOUIS

Non ; mais prendre ma défense r La prendre sans mon ordre, est aussi m'offenser.

LE DAUPHIN

Dieu ! j'ai cru que vos bras s'ouvraient pour me presser, Que j'en allais sentir l'étreinte paternelle.

LOUIS

Vision !

LE DAUPHIN

Qu'à ce prix la mort m'eût semblé belle! Si vous m'aimiez...

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