‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 2)Chapitre 68 sur 230 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

LE DAUPHIN

Pardonnez !

LOUIS

Je vous hais ?... Les enfans sont ingrats. Je suis un homme dur ?

LE DAUPHIN

Sire!...

LOUIS

Presque barbare ?

Voilà comme on vous parle et comme on vous égare.

LE DAUPHIN

Jamais.

LOUIS

En s'y risquant on met sa vie au jeu: On l'ose cependant.

Jamais.

LOUIS

Qui donc? Beaujeu?

Votre oncle d'Orléans? d'autres que je soupçonne?...

( avec bonhomie. )

Charles, mon fils , sois franc : sans dénoncer personne, Nomme-les-moi tout bas; je ne veux pas punir, Je veux savoir.

LE DAUPHIN

Mon oncle aime à m'entretenir.

LOUIS

Il ledit...?

LE DAUPHIN

Que la France un jour m'aura pour maître; Que in n faire chérir est mon devoir.

LOUIS, à part.

Le traître!

^ haut. )

Et ne vous dit-il pas qu'affaibli par mes maux, Je dois, oui... qu'avant peu je... S'il le dit, c'est faux; Qu'enfin vous n'avez plus qu'à ceindre un diadème , Qui dans vos jeunes mains va tomber de soi-même?

LE DAUPHIN

Dieu !

C'est faux : mon fardeau me fait-il chanceler? Le poids d'un diadème est loin de m'accabler. Deux, trois autres encor, devenant ma conquête, Ne m'accableraient pas , et sur ma vieille tête Accumulés tous trois, lui seraient moins pesans Qu'une toque d'azur pour ce front de seize ans.

LE DAUPHIN

Ah ! vivez; c'est mon vœu quand j'ouvre la paupière; En refermant les yeux , le soir, c'est ma prière. Quand je vois sur vos traits refleurir la santé, Tout lias je bénis Dieu de m'avoir écouté.

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