‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 2)Chapitre 71 sur 230 · ACTE III, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VII

MARIE

A vous, sire.

LOUIS

A moi ! je t'en sais gré; Mais supposons qu'ici, par ta grâce attiré, Quelque autre que ton roi...

MARIE

Comment?

LOUIS

Je le suppose.

MARIE

Je ne vous comprends pas.

LOUIS

Non ? parlons d'autre chose; J'ai tort de supposer.

( Il s'assied an pied de l'arbre. ) ; •

Viens t'asseoir près de moi; Là, bien; ne rougis pas : ton malade avec toi , Pour oublier ses maux , sans te fâcher peut rire , Et tu sais qu'un vieillard a le droit de tout dire.

MARIE

Un monarque surtout.

LOUIS

On me fait bien méchant.

Je suis bon homme au fond; j'eus toujours du penchant A prendre le parti des filles de ton âge;

Aussi plus d'un hymen fut mon royal ouvrage.

MARIE

Vous êtes un grand roi.

LOUIS

Les jeunes mariés Quelquefois me l'ont dit, j'en conviens.

MARIE

Vous riez.

LOUIS

Je songeais à t'offrir l'appui de la couronne; Nous aurions réussi , mais tu n'aimes personne.

MARIE

Moi , sire !

Je le sais.

MARIE

Pourtant vous m'accusiez.

LOUIS

Je me trompais.

MARIE

Enfin, ce que vous supposiez, Qu'est-ce donc ?

LOUIS

Sans détour faut-il que je te parle?

Je pensais, faussement, qu'à la cour du duc Cliarle !<»n cœur... à dix-huit ans quoi de plus naturel!

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