SCÈNE VIII
MARIE
Qu'il m'est doux ce baiser, gage de sa clémence!
Mais, hélas! cette joie inespérée, immense,
Qui m'attendrit, m'oppresse, et voudrait s'épancher,
Elle inonde mon cœur, il faut la lui cacher.
Je le dois : en parlant je deviens sacrilège.
Sainte mère de Dieu, dont le nom me protège,
O vous dans mes chagrins mon céleste recours ,
Dans ma joie aujourd'hui venez à mon secours;
Rendez mes yeux muets , et faites violence
A l'aveu qui déjà sur mes lèvres s'élance.
Prêt à s'en échapper, qu'il meure avec ma voix.
Je tremble, je souris et je pleure à la fois.
Dieu! que je suis heureuse! il vient.