‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 2)Chapitre 76 sur 230 · ACTE III, SCÈTSE IX · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈTSE IX

MARIE

Et dans votre patrie, Sous ce beau ciel de France !

NEMOURS

11 m'a vu tant souffrir'

Espérez !

NEMOURS

Près de vous me verra-t-il mourir?

MARIE

Mourir! ne craignez plus; je sais, j'ai l'assurance Que... Non, je ne sais rien; cependant l'espérance, Comme un songe , à mes yeux sourit confusément , Et d'un bonheur prochain j'ai le pressentiment.

NEMOURS

Tendre sœur, pour mes maux toujours compatissante, Mais plus belle!

MARIE

Est-il vrai?

NEMOURS

Plus belle encore !

MARIE

Absente , Vous me regrettiez donc, mon noble chevalier? Car vous l'êtes toujours.

NEMOURS

Qui ? moi , vous oublier !

Le puis-je ?

MARIE

Quand mes mains cueillaient dans la rosée L'offrande qu'à l'autel tantôt j'ai déposée, La fleur que feuille à feuille interrogeaient mes doigts M'a dit que vous m'aimiez, Nemours, et je la crois.

NEMOURS

Emu par vos discours, je me comprends à peine : Ce sentiment profond suspend jusqu'à ma haine.

MARIE

Pourquoi haïr, Nemours? Il est si doux d'aimer!

NEMOURS

Pourquoi, grand Dieu?

MARIE

Celui que vous allez nommer Peut-être à la pitié n'est pas inaccessible; Demain, dès ce jour même...

NEMOURS

Eh bien ?

MARIE

Tout est possible ; Heureuse, je crois tout. Je ne puis rien prévoir, Rien sentir, rien penser, sans m'enivrcr d'espoir; Et soit que Dieu m'éclaire , ou que l'amour m'inspire,

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