‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 2)Chapitre 91 sur 230 · ACTE IV, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE III

MARIE

On doit au monastère Veiller, prier pour vous, et par un jeûne austère Obtenir que ce mal ne vous tourmente plus , Et que ce vent du nord tombe avant l'Angélus.

LOUIS, la regardant.

Tu réjouis mes yeux : que cette fleur de l'âge, Que la jeunesse est belle !... Allons , souris.

COMMINE , bas , à sa fille.

Courage !

Souris , ma fille !

MARIE, en pleurant.

Hélas ! je le voudrais.

Des pleurs !

Tu m'attristes; va-t'en, ou calme tes douleurs; Je puis tout réparer.

MARIE

Se peut-il?

LOUIS

Oui , ma fille

Si Nemours..

COITIER, au roi.

Regardez comme ce feu pétille !

LOUIS

Jusqu'au fond de mes os je le sens pénétrer.

Mes pauvres doigts raidis ont peine à l'endurer ; Que je l'aime ! il me brûle, et pourtant je frissonne.

COITIER.

Suivez donc une fois les conseils qu'on vous donne :

(s'avancant vers le lit.)

Venez vous reposer.

LOUIS

Non , Coitier , je veux voir Le saint qui doit ici m'entretenir ce soir.

(à Tristan.)

Nemours, surtout Nemours. Va le chercher, qu'il vienne.

TRISTAN

Il n'est plus sous ma garde.

LOUIS, à Coitier.

Il était sous la tienne.

TRISTAN

A mon grand désespoir : son arrêt prononcé , Je tenais à finir ce que j'ai commencé.

MARIE, à sou père.

Dieu!

COMMUNE, bas.

Tais-toi !

LOUIS; à Coiîier.

Dans ce lieu tu devais le conduire.

COITIER.

!i je ne l'ai pas fait, n'ayant pu le séduire.

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