ACTE IV, SCENE III
MARIE
On doit au monastère Veiller, prier pour vous, et par un jeûne austère Obtenir que ce mal ne vous tourmente plus , Et que ce vent du nord tombe avant l'Angélus.
LOUIS, la regardant.
Tu réjouis mes yeux : que cette fleur de l'âge, Que la jeunesse est belle !... Allons , souris.
COMMINE , bas , à sa fille.
Courage !
Souris , ma fille !
MARIE, en pleurant.
Hélas ! je le voudrais.
Des pleurs !
Tu m'attristes; va-t'en, ou calme tes douleurs; Je puis tout réparer.
MARIE
Se peut-il?
LOUIS
Oui , ma fille
Si Nemours..
COITIER, au roi.
Regardez comme ce feu pétille !
LOUIS
Jusqu'au fond de mes os je le sens pénétrer.
Mes pauvres doigts raidis ont peine à l'endurer ; Que je l'aime ! il me brûle, et pourtant je frissonne.
COITIER.
Suivez donc une fois les conseils qu'on vous donne :
(s'avancant vers le lit.)
Venez vous reposer.
LOUIS
Non , Coitier , je veux voir Le saint qui doit ici m'entretenir ce soir.
(à Tristan.)
Nemours, surtout Nemours. Va le chercher, qu'il vienne.
TRISTAN
Il n'est plus sous ma garde.
LOUIS, à Coitier.
Il était sous la tienne.
TRISTAN
A mon grand désespoir : son arrêt prononcé , Je tenais à finir ce que j'ai commencé.
MARIE, à sou père.
Dieu!
COMMUNE, bas.
Tais-toi !
LOUIS; à Coiîier.
Dans ce lieu tu devais le conduire.
COITIER.
!i je ne l'ai pas fait, n'ayant pu le séduire.