‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 3)Chapitre 10 sur 166 · ACTE I, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II

D'enchaîner à son gré ses passions dociles. Les lois, les vains égards, les devoirs convenus , M'ont chargé de liens jusqu'alors inconnus. Jeté, farouche encore, à travers ces entraves, Je frémis sous leur poids, léger pour des esclaves. Oui, jusque dans tes fers ton amant a porté Des, monts qui l'ont nourri la sauvage âpreté. Si tu me connaissais, si jamais ma naissance... . Ah ! je dois respecter ta juste obéissance ; Poursuis, affranchis-toi d'un sacrilège amour.

NÉALA.

Qui que tu sois,, mon cœur est à toi sans retoui".

Sais-tu, fille d'un brame, à qui ton cœur se donne?

NÉALA.

Le trône de Delhi que la gloire environne , Dût-il de mes splendeurs rendre les rois jaloux, Un désert avec toi m'aurait semblé plus doux.

IDAMORE

Un désert! ah! qu'entends-je? ah! vierge infortunée ,^ Dans le fond des déserts pourquoi n'es-tu pas née ? Ou pourquoi les destins, contre nous irrités. Ne m'ont-ils pas fait naître au milieu des cités? C'est trop me déguiser sous l'éclat qui t'abuse, A tromper plus long-temps ma fierté se refuse ;

(!oiiii;iis-nioi tout entier...

NÉALA.

Idamore, écoutez :

On s'avance vers nous à pas précipités ; C'en est fait ! sauvez-moi.

IDAMORE

Quel mortel las de vivre, Te voyant sous ma garde , osera te poursuivre ? Viens... Mais c'est un ami, c'est un guerrier chrélion A (jui j'ai révélé mon secret et le tien , Qui veillait sur tes jours.

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