‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 3)Chapitre 112 sur 166 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

HORTENSE

Jamais monsieur le duc ne dit rien que d'aimable.

LE DUC

Ce discours n'est que juste.

BANVILLE

Il m'est trop favorable; Aussi me touclie-t-il comme il doit me toucher. Mais je crois qu'au ministre on ne doit rien cacher; J'ai déjà soixante ans...

LE DUC, vivement.

C'est l'âge qu'il préfère , Et c'€St un vrai présent que je m'en vais lui faire. Depuis près de dix jours madame m'a promis D'embellir chez mon oncle une fête entre amis. Elle vous attendait, ma mémoire est fidèle, J'ai reçu sa parole et pour vous et pour elle. Venez donc , c'est au bal qu'il faut solliciter. Chez mon oncle, ce soir, je veux vous présenter; C'est conclu : ma voiture ensemble nous y mène , Et...

DANVILLE

Je suis fatigué, monsieur, j'arrive à peine.

HORTENSE

Le bal délasse.

224 r;ÉCOLE DES VIEILLARDS.

BANVILLE

Et puis, moi-même je recois.

HORTENSF.

Oui? votre ami Bonnard, ce monsieur d'autrefois.

BANVILLE

Monsieur l'estime fort.

IIORTENSE.

Et conviendra, je gage, Que du siècle passé c'est la vivante image.

LE DUC, en riant.

Madame...

BANVILLE

Il vient ce soir.

HOliTENSE.

Pour le recevoir mieux, Avez-vous invité quelqu'un... de vos aïeux?

HORTENSE

C'est fini. Paix ; allons , je plaisante; On croirait à vous voir que je suis médisante.

(au duc.)

Le suis-je? Jugez-nous.

BANVILLE

Brisons là.

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