‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 3)Chapitre 113 sur 166 · ACTE II, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VI

HORTENSE

Non, je veux Que le duc aujourd'hui soit juge entre nous deux:

DANVILLE, à part.

J'ai peine à me contraindre.

LE DUC , sérieusement.

Excusez-moi , madame :

Mais je ne puis trahir le penchant de mon âme. Encore un coup, pardon : j'aime monsieur Bonnard; C'est la probité même; oui, c'est un homme à part, Un esprit hors de ligne, et dès qu'un mot l'offense , On me voit des premiers voler à sa défense.

BANVILLE , enchante , et regardant sa femme.

Très bien , monsieur le duc !

LE DUC

Mais si l'on n'a lancé Qu'un trait dont son honneur ne puisse être blessé ; Si l'on a dit... eh quoi? qu'il vit en patriarche, Qu'il dîne encore à l'heure oii l'on dînait dans l'Arche, Ou quelqu'un de ces mots qui seuls sont des portraits. Que madame rencontre et que je chercherais, Quel mal cela fait-il? C'est s'amuser, c'est rire, C'est se jouer de rien; mais ce n'est pas médire.

HORTENSE , en regardant son mari.

Oh ! le duc a raison.

LE DUC, à Danville.

Monsieur, moins de rigueur; La cbnversation périrait de langueur Sans ce tour amusant qu'im esprit fin lui donne;

(montrant Hortense.)

Tout le monde y perdrait, et vous plus (pie personne.

DANVILLE

Je n'en disconviens pas; mais brisons sur ce point.

LE DUC

Et pourquoi votre ami ne nous suivrait-il point*

HORTENSE

Sans doute!

Banville.

Un patriarche a l'humeur sédentaire, Et s'arrange assez peu d'un bal au ministère. D'ailleurs, souper ensemble est pour nous un bonheur.

HORTENSE, en riant.

Souper! il vient souper?

danville , à s.i femme avec dignité.

Il nous fait cet honneur.

(au (lue.)

Rien que de refuser mon regret soit extrême, Trouvez bon qu'à mon tour j'en appelle à vous-même; Monsieur, vous m'approuvez , et, connaissantRonnard, Vous me reprocheriez de traiter sans égard

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