‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 3)Chapitre 118 sur 166 · ACTE II, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VII

Moi, qui n'ai fait qu'un vœu, celui de vous revoir. Faut-il en arrivant me mettre au désespoir? Avec monsieur Bonnard ai-je été trop méchante? Jamais je ne veux l'être; il me plaît, il m'enchante. Je l'aime, il m'aimera, je lui ferai ma cour; Mais pas ce soir, oh non ! plus tard, un autre jour. Demain... c'est arrangé, vous acceptez l'échange : Banville, mon ami, mon cher époux, mon ange, Soyez bon, grâce, allons, cédez...

DANVILLE , avec effort.

Non, je ne puis.

HORTENSE , en pleiiraut.

Que je suis malheureuse ! ô ciel ! que je le suis !

BANVILLE, attendri.

Elle pleure, ah! mon Dieu!

HORTENSE , hors d'elle-même.

C'est un acte arbitraire ; C'est une tyrannie, et je dois m'y soustraire. Je me révolte enfin; vous croyez sans raison Dans votre hôtel désert me garder en prison ; Non : avec votre ami vous serez seul à table. Non, non : je le déteste, il m'est insupportable. Mais entre deux époux le pouvoir est égal : Restez, monsieur, ma mère est invitée au bal ; Une fille est au mieux sous l'aile de sa mère.

El j iiai malgré vous au bal du ministère, Et j'irai de bonne heure , et j'en reviendrai lard. Et je ne verrai pas votre monsieur Bonnard, Et vous ne pourrez pas m'enterrer toute vive Dans l'ennuyeux souper d'un si triste convive.

BANVILLE , en faieui .

A'ous irez, dites-voiis? malgré moi vous irez? Je vous le défends.

IIORTENSE.

Bon!

DANVILLE

Nous verrons.

HORTENSE

Vous verrez.

BANVILLE

Madame, pensez-y : l'ordre est irrévocable»; De supplications il se peut qu'on m'accable...

HORTENSE

Non, monsieur.

DANVILLE

Mais, (lût-oii iirmiplorci' ii immioux , ]Ni prières, ni j)1(MU's, n'oblieiidront rien j)our vous.

HORTENSE

Dli ! le mécbanl mari !

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