‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 3)Chapitre 122 sur 166 · ACTE m, SCENE IL · texte numérisé non relu

ACTE m, SCENE IL

Bomiard dont sur ce point l'honneur est si rétif, D'un courage héroïque a vaincu son scrupule , Il a sauvé mon fils !,.. est-il si ridicule ?

HORTENSE

Non, non, de mes amis aucun n'eût fait cela; Plus que tous leurs discours j'admire ce trait-là. Il n'est pas de bon mot qui vaille un bon office ; Mais votre femme aussi peut faire un sacrifice. Ce bal où sous vos yeux je dansais en espoir, Ce bal, il fut huit jours mon rêve chaque soir; Huit jours, à mon réveil, ma première pensée : Eh bien ! je n'irais pas quand j'y serais forcée ! C'en est fait, votre ami lui sera préféré.

BANVILLE

Vous aurez ce courage, est-il vrai ?

HORTENSE

Je l'aurai.

Adieu tous mes projets; je reste sans murmure, Et pour monsieur Bonnard je garde ma parure. Je reste avec plaisir. Tout à l'heure à vos yeux J'étais bien, n'est-ce pas? Maintenant je suis mieux, J'en suis sûre.

BANVILLE

Ah ! cent fois !

ÏIORTENSE.

M'aimez-vous ?

11A!VVILLE.

Je l'adore.

HORTENSE

Mes torts étaient bien grands.

BANVILLE

Lesmiensphis grands encore.

HORTENSE

A vos ordres jamais je ne veux résister.

DANVILLE

Non , jamais contre toi je ne veux m'emporter.

HORTENSE

Loin de nous ces débats qui troublent les ménages.

BANVILLE

Les raccommodemens ont bien leurs avantages.

HORTENSE

Mon ami!

BANVILLE

Chère Hortense !

HORTENSE

Au fond, convenez-en, Vous défendez Bonnard en zélé partisan , Et vous avez raison, puisqu'il vous rend service ; Mais vous traitez le duc avec innii)s do justice.

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