‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 3)Chapitre 150 sur 166 · BANVILLE, LE DUC · texte numérisé non relu

BANVILLE, LE DUC

DANVILLE, courant ouvrir le cabinet.

( à voix basse. ) "■

Sortez, c'est trop long-temps éviter ma présence. Venez.

LE DEC

Que voulez-vous? '

DANVILLE

Punir votre insolence.

LE DUC

Qui? vous?

DÀN VILLE.

Moi.

LE DUC

Mais, monsieur...

DAN VILLE

Quand? dans quel lieu ? comment?

LE DUC

Que votre sang phis froid se calme un seul moment.

BANVILLE

Ah ! ce peu que j'en ai, s'il est glacé par l'âge, Bouillonne et rajeunit aussitôt qu'on l'outrage ! Vous m'aviez confondu parmi ces vils époux Qui, de tous méprisés, et bien reçus de tous, Diffamés par l'affront moins que par le salaire, Vivent du déshonneur qu'ils souffrent sans colère.

LE DUC

Pourquoi le supposer, et qui vous le prouvait?

DANVILLE

Avant de le nier, reprenez ce brevet.

Tenez, preilez-le donc; tenez, je le déchire.

Je ne vous dois plus rien , et je puis tout vous dire.

LE DUC

Du moins si mon amour, follement déclaré , Offense un titre en vous qui dut m'être sacré, Votre épouse innocente...

DANVILLE

A quoi bon cotte l'use?

LE DUC

Ma voi\ doit la défendre.

DANVILLE

Et votre aspect l'accuse.

Quand c'est moi qui ralloste, osez-vous en douter?

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