ACTE II , SCENE II
II nous laisse un regret que nul charmé n'apaise, Un vide , un vide affreux que rien ne peut combler. De sa vieillesse oisive on se sent accabler; Un je ne sais quel vague empoisonne l'étude, Corrompt de nos plaisirs l'innocente habitude; Alors il faut mourir!... Encor quelques instans. Je connaîtrai mon sort; il viendra, je l'attends... Ah! qu'il honore en moi l'autorité suprême, Et je ne le hais plus, je l'adopte, je l'aime. Qu'il parle : que veut-il? des biens? des dignités?
EMPSAEL.
Quelsdons par vous offerts n'a-t-il pas rejetés?
AKÉBAR.
Peut-être il en est un qui fléchira sa haine : Par ce lien auguste il faut que je l'enchaîne ; Je le veux. Cet honneur est sans doute inouï, Et son farouche orgueil en doit être ébloui. Je le veux:...
EMPSAEL.
Pour bannir le soin qui vous tourmenlc, Souffrez que devant vous Néala se présente; Et bientôt à sa voix ce déplaisir mortel Fera place aux transports de l'amour paternel.
AKÉBAR.
Moi, la voir! ah! demeure. Infortuné! j'évite