ACTE III, SCENE I
Aurait-on profané cet asile de paix?
NÉALA, vivement.
Non, ne le croyez pas; eh! comment? non, jamais î Qui l'eût osé?
MIRZA
Serait-ce une secrète haine , Qui de ton jeune époux te fait craindre la chaîne?
Ah! je ne le hais pas! je m'engage aujourd'hui
A vivre, et, s'il le faut, à souffrir avec lui.
Que ses maux soient les miens, et que l'hymen nous lie
Pour toujours, pour le temps et l'éternelle vie.
ZAÏDE
Cesse donc, Néala, de voir avec effroi
L'existence nouvelle ouverte devant toi.
Va, nos divinités te défendront sans cesse:
Elles n'oubliront pas que tu fus leur prêtresse ,
Qu'à tes devoirs par toi nuls objets préférés
N'ont distrait tes esprits sous ces bosquets sacrés ;
Qu'on n'eût pas vu ta bouche approcher d'une eau pure,
Sans que ta piété rafraîchît leur verdure,
Et que ta main jamais, dans son respect pour eux.
Ne leur fit un larcin pour parer tes cheveux.
Ce monde séduisant, qui cause tes alarmes.
Saris danger pour ton cœur, aura pour lui des charmes.
Qiiel bien à ses plaisirs se pourrait comparer, Puisqu'à la vertu même on peut les préférer?