‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 3)Chapitre 47 sur 166 · ACTE III, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IV

INe crois pas que ce cœur, que ta froideur outrage, Ce cœur, qui brûle encor, se donne tout entier Pour ces restes du tien dont tu le veux payer. Non, c'est trop me celer le lien qui t'arrête; Un noble bymen t'appelle et la pompe en est prête. Je sais tout par l'objet de tes feux insensés...

IDAMORE

Vous voulez que je parte et vous la connaissez ?

C'est peu de tant d'attraits dont l'heureux assemblage

Sans doute a dès l'abord emporté votre hommage ;

Sa bonté, pardonnez si j'en appelle à vous,

Prête une grâce auguste à des charmes si doux.

Je l'adore, elle m'aime... Ah ! tendresse intrépide !

Elle m'aime, et mon sort n'a rien qui l'intimide.

Orgueil du sang , devoir, elle a tout oublié ;

A l'exil qui m'attend son destin s'est lié ;

Et je n'acceptais donc ce touchant sacrifice

Que pour lui préparer un éternel supplice !

Dois-je l'abandonner, ou le soin de ses droits

Doit-il se révolter contre vos justes lois ?

Quoi que mon choix décide, il fait une victime,

Et mon honneur flottant, que presse un double crime,

Ne peut par un refus payer votre pardon ,

Ni trahir son amour par ce lâche abandon.

ZARÈS

C'est tenir trop long-temps votue ehoix en balance. ,1(; nie rends importun par tant de violence. Je pars, mais satisfait, car je puis vous haïr... Une seconde fois courez donc me trahir ; Rejoignez la beauté qui m'a ravi votre âme ; Votre heureux père attend, allez, il vous réclame. Moi , qui n'ai plus de titre et respecte les leurs , J'irai jusqu'où mes pas porteront mes douleurs...

(Reprenant son bâton de voyage.)

Seul et fidèle appui qui reste à ton vieux maître,

VienSjSoismonguideaumoinspuisqu'ilneveutpasl'être-

O forêts d'Orixa, bords sacrés, doux sommets.

Humble toit, qu'il jura de ne quitter jamais.

Mer prochaine, où mes bras instruisaient son courag(î

A se jouer des flots brisés sur ton rivage ,

Me voici, recevez un père infortuné ;

Je reviens mourir .seul aux champs où je suis né.

Celui qui me doit tout repousse ma prière;

Ses mains ont l'efusé de fermer ma paupière ;

( Il dit ces derniers vers en march.nnl. )

Je n'attends plus de lui pitié ni repentir; Je le fuis, je le hais... Tu me laisses pai-lir, Idainore }

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