ACTE IV, SCENE 1. îU
L'instant que mon amour doit craindre et désirer.
Voilà donc l'union oii j'attachais ma vie,
Que mes ardens soupirs ont long-temps poursuivie !
Je courais la former, je me croyais heureux ;
Le plus beau de mes jours en est le plus affreux.
ALVAR
En vain sur d'autres bords j'ai cru fuir ma sentence, Entre nous l'Océan mit en vain sa distance ; Le courroux du Seigneur, pour un temps suspendu , Jusque sur mon ami s'est enfin répandu. Malheur à moi !
IDAMORE
Cruel, votre injustice ajoute A l'horreur de mon sort le remords qu'il vous coûte. Laissez-moi des chagrins que j'ai seul mérités. Combien de droits jaloux, que d'orgueils révoltés Se vengent tôt ou tard sur celui qui s'élance Hors du rang oli le ciel a caché sa naissance ! Au faîte des grandeurs pour tomber parvenu. S'il trompe, il doit trembler; périr, s'il est connu. Remplissons mon destin. Mais Zarès ! 6 justice ! De l'erreur que j'expie il n'était pas complice. On vient, c'est Néala. Ce bandeau nuptial N'est-il, pour tant d'attraits, qu'un oi'ucmcnt fatal?