‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 3)Chapitre 89 sur 166 · ACTE I, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II

On n'apprend pas sur mer à monter à cheval. Sur une rosse étique assis tant bien que mal , Pour me rompre les os j'étais à bonne école. Madame à chaque bond riait comme une folle.

BANVILLE

En te voyant par terre, elle t'eût plaint beaucouj) ; J'en suis sûr.

VALENTIN

Beau profit, si j'étais mort du coup ! Mais une fois ici, j'eus bien d'autres affaires : Vieilli dans la marine à bord de vos corsaires, Sous ces galons d'argent qu'on me fit endosser. Au bon ton des laquais on voulut me dresser. L'exercice est moins dur : tiens-toi ; lève la tête ; Fais ceci , fais cela ; maladroit ! qu'il est bête ! Que sais-je?... j'en maigris : c'est un métier d'enfer, Et j'aurais mieux aiiné dix campagnes sur mer.

BONNARD

Ce pauvre Valentin !

VALENTIN

Et pour votre carrosse, On m'a fait un affront.

BONJYAUD.

Comment! depuis la noce Nous n'allons plus à pied?

18 i L'ECOLE DES VIEILLARDS.

BANVILLE

Il rêve.

VA.LENTIN.

Pas du tout :

Madame a pris voiture, et trouvait de son goût,

Pour me faire en marin terminer ma carrière ,

De me loger debout sur le gaillard d'arrière.

BANVILLE

Le grand mal !

VALENTIN

Ne pouvant vaincre ma juste horreur, Ne m'a-t-elle pas fait... ?

DANVILLE

Eh ! quoi donc ?

VALENTIN

Son couroui'.

BONNARD

Son coureur !

VALENTIN

A quinze ans j'étais des plus ingambes; Mais devenir coureur quand on n'a plus de jambes ! Ce Paris î on s'y perd : le Havre tout entier, En se pressant un peu, tiendrait dans un quartier : Et je cours ! mais je cours!... Dès que la porte s'ouvre. Vite au Palais-Royal, du Marais vite au Louvre,

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