ACTE IV, SCENE I
Je le presse, il s'enflamme, et prend trente billets Qui , délivrés par lui, porteront l'ordre exprès D'applaudir, d'entasser éloge sur éloge, Au premier bruit flatteur échappé de sa loge. Eh bien ! qu'en dites-vous ?
BELROSE.
Je vous admire.
MADAME BLINVAL
Au moins , J^a nouvelle entrevue aura quelques témoins. Vous les figurez-vous , se voyant face à face , Pembrock tout effaré, qui crie et cjui menace, Qui siffle?...
BELROSE.
Eh mais! Victor?
MADAME BLINVAL
Qu'y faire ? c'est fâcheux; Dans son second ouvrage il sera plus heureux.
BELROSE.
3e l'ai fait prévenir de se rendre au théâtre. Viendra-t-il?
MADAME BLINVAL
Pourquoi pas?
BELROSE.
Il est opiniâtre;
-246 LES COMÉDIET^S.
Il va se retrancher dans ses grands sentimens.
MADAME BLINVAL
Il boude? Les auteurs sont comme les amans; Eussions-nous tous les torts que leur fierté nous prête, Quand nous leurpardonnons, lapaix est bientôt faite.. Mais, tenez, le voilà; qu'ai-je dit?
BELROSE.
Oui, ma foi.
MADAME BLINVAL
Je ne puis lui parler, je n'ai qu'une heure à moi. Je cours à ma toilette.