ACTE IV, SCENE V. 25:î
Je ne finirai pas...
Mais encore...
FLORIDORE.
Il est faux.
Je prête au ridicule enfin clans votre ouvrage.
VICTOR, se laissant emporter par degrés.
Ce n'est pas vous , monsieur , mais votre personnage.
FLORIDORE.
Tenez, d'un bout à l'autre il le faudra changer.
VICTOR
Y sonsez-vous? oh ciel!
FLORIDORE.
C'est à vous d'y songer.
En tout cas, il ne peut qu'y gagner, ce me semble.
VICTOR
Valût-il cent fois mieux , que deviendra l'ensemble?...
FLORIDORE.
Ce n'est pas mon affaire.
VICTOR, hors de lui.
Eh! c'est la mienne à moi.
A quel titre, après tout, par quelle étrange loi. Usurpant sur mon sort un pouvoir despotique, M'osez-vous en tyran dicter votre critique?
Quand je vous lus ma pièce, elle obtint votre voix; Il fallait exercer la rigueur de vos droits. Ai-je demandé grâce? Un éloge unanime Sur vos scrutins flatteurs consigna votre estime. Les démentirez-vous, et votre jugement Balancera-t-il seul le commun sentiment?
Ce qui vous parut bon vous semble pitoyable : Votre humeur peut changer, mais l'art reste immuable; Mais des torts de l'auteur l'ouvrage est innocent. Vous redoutez pour vous le revers qui m'attend? Ne peut-on siffler l'un sans déshonorer l'autre? C'est mon ouvrage enfin qu'on donne , et non le vôtre. Et savez-vous, monsieur, par quels soins, quels ennuis, Quel sacrifice entier de mes jours, de mes nuits, Par quels travaux sans fin, qu'ici je vous abrège, J'ai payé d'être auteur le fâcheux privilège? Ce rôle que proscrit votre légèreté , Je l'ai conçu long-temps, et long-temps médité. Ces vers, dont votre goût s'irrite et s'effarouche, Ne sont pas sans dessein placés dans votre bouche. Mais non, de juger tout le droit vous est acquis. Et c'est à tout blâmer que brille un goiit exquis. Jugez donc , sans appel prononcez au théâtre , Et recueillez l'encens d'une foule idolâtre. Quand poussé par l'humeur , ou par votre intérêt ,