‹ Théâtre de C. DelavigneChapitre 136 sur 156 · ACTE IV, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VI

G R AN VILLE

Je rends pleine justice à votre promptitude.

De lire tout ainsi j'ai la bonne habitude.

GRANVILLE

Quel travail !

FLORIDORE.

Avec moi l'on n'attend pas son tour, Lu , présenté, reçu , le tout dans un seul jour. Et l'on vient m'accuser !

GRANVILLE

C'est pure calomnie.

FLORIDORE.

Vous pouvez , d'après moi , juger la compagnie.

Même goût, même tact, même sincérité,

Dans ses décisions même esprit d'équité :

En vain votre croyance un moment fut séduite ;

A d'insolens discours j'oppose ma conduite :

Et si quelque imposteur nous noircit près de vous,

A votre manuscrit nous en appelons tous.

GRANVILLE , lui remettant le laanusciit.

Eh bien ! qu'il vous réponde.

FLORIDORE.

Oh ciel ! est-il possible?

Je suis sûr d'avoir lu...

GR AN VILLE

Mais moi, juge infaillible, Je suis encor plus sûr de n'avoir rien écrit. Ah , ah ! vous palissez devant ce manuscrit ! Voilà qui vous confond, et qui prouve, j'espère, Que vous êtes actif, juste, et surtout sincère.

FLORIDORE.

Monsieur...

GRANVILLE

Cher président, j'estime qu'avant peu, Vous et vos conseillers, vous allez voir beau jeu.

FLORIDORE.

Daignez...

GRANVILLE

Vous êtes pris. De votre république Vous avez compromis l'orgueil tragi-comique. Ses membres, grâce à vous, vont être bafoués : Vous jouez tout le monde, et je vous ai joués.

FLORIDORE.

Mais que vous ai-je fait...?

GRANVILLE

Et ce brave jeune homme.

Qu'ici pour son talent chacun de vous renomme , Que chacun persécute, il a beau supplier, Comment le traitez-vous? connue un mince écolier.

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