ACTE IV, SCENE YI
Vous semblez à plaisir lasser sa patience;
Vous détruisez d'un mot sa plus chère espérance ;
Que vous a-t-il fait, lui? Je prétends le venger.
FLORIDORE.
Y songez-vous ? 6 ciel !
GR AN VILLE
C'est à vous dy songer.
FLORIDORE.
Vous me perdez , monsieur.
GRANVILLE
Ce n est pas mon affaire.
Vous le disiez tantôt.
FLORIDORE.
Voyons, que puis-je faire?
Comment vous désarmer ?
GR AN VILLE
Victor vous l'apprendra.
FLORIDORE.
Moi, je consentirais... !
GRANVILLE
Tout comme il vous plaira, La chose en vaut la peine, et j'en verrai l'issue. Ah ! ma pièce vous plaît ! mais, puisqu'elle est reçue, . Dût la troupe en fureur conjurer contre moi, Morbleu ! vous la joûrez, ou vous direz pourquoi.
Si je ne puis, monsieur, vous prouver mon estime Qu'en vous sacrifiant un courroux légitime, Je reprendrai mon rôle.
GRANVILLE
A la fin, c'est parlei-.
FLORIDORE.
Dans quelques jours.
GRANVILLE
Ce soir.
FLORIDORE.
Vous voulez m'immolei\ Sans pitié, sans égard...
GR AN VILLE
Adieu , cet opuscule INe vous couvrira pas d'un petit ridicule. Je le vais publier, et dans l'avant-propos En votre honneur et gloire imprimer quatre mots ; Et je veux que demain tout Bordeaux se régale Des charmantes douceurs de crier au scandale, Fasse pleuvoir sur vous cent couplets de chanson. Qu'un rire inextinguible éclate à votre nom , Qu'un orchestre inhumain en sifflant vous salue, Au théâtre, au foyer, sur le Cours, dans la ru(>, Et forme en bruits aigus un chorus d'opéra.