‹ Théâtre de C. DelavigneChapitre 28 sur 156 · ACTE II, SCÈNE VL · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VL

Ouvrent par cent chemins la tombe où tu descends ; Et quand lu vas périr, quand ton heure est prochaine, Quand je te vois tomber, expirant sous ta chaîne, Nos meilleurs citoyens ignorent tes malheurs , Et mon fils est l'ami de tes persécuteurs !

LORÉDAN

Votre fils veut combattre , et s'immoler pour elle. Déclarons aux tyrans une guerre éternelle.

Silence!... Tes projets sont nobles, ils sont grands: Faisons jusqu'au tombeau la guerre à nos tyrans ; Ne la déclarons pas.

LÔRÉDAN.

Je n'ose vous comprendre.

PROCIDA

Bientôt nos oppresseurs du trône vont descendre.

LORÉDAN

Hâtons-nous, loin de moi ces détours superflus : Que chassés de Païenne....

PROCIDA

Ils n'en sortiront plus.

Femmes, enfans, vieillards, tous ceux que l'alliance, L'amitié, l'intérêt asservit à la France, Confondus avec eux, frappés des mêmes coups. Suivront dans le cercueil leurs ombres en courroux.

58 LES VEPRES SICILIEISNES.

LORÉDAN

Dois-je vous croire? 6 ciel ! quel horrible mystère! Vous conspirez leur perte ! ô forfait ! vous, mon père ?

PROCIDA

Tu frémis... homme faible! eh! vaut-il mieux pour nous

Dans des fers éternels vieillir à leurs genoux?

Vaut-il mieux en rampant déshonorer sa vie

Que de la prodiguer pour sauver la patrie ,

Pour briser l'instrument de sa captivité ,

Lui rendre le bonheur, ses lois, sa dignité,

La venger ? -

LORÉDAN

Tout mon cœur s'émeut à ce langage !

Mais les assassiner sans pitié, sans courage!

PROCIDA

De la pitié pour eux? quoi, pour ces inhumains? Fatigués de nos cris, nous ont-ils jamais plaints? D'un pouvoir usurpé leur insolence abuse. La force est dans leurs mains, triomphons par la ruse. Ce combat comme à nous peut leur être fatal ; Égaux sont les périls, le courage est égal. Qu'un simple citoyen , sans appui que lui-même , Dispute à des vainqueurs l'autorité suprême ; Trompant les ennemis dont il marche entouré. De chaque malheureux qu'il fasse un conjuré,

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