‹ Théâtre de C. DelavigneChapitre 45 sur 156 · PROCIDA, LORÉDAN, SALVIATI · texte numérisé non relu

PROCIDA, LORÉDAN, SALVIATI

SALVIATI

Notre perte est certaine,

PROCIDA

Que dis-tu ?

SALVIATI

Plus d'espoir de rompre notre chaîne.

Fondi , dans le conseil appelé par Montfort, A trouvé près du trône ou des fers ou la mort , Il n'a point reparu.

PROCIDA

Sa mort sera vengée !

SALVIATI

Mais le fort nous échappe , et la garde est changée.

PROCIDA

Les armes à la main il le faut emporter.

SALVIATI

La mer contre nos vœux semble se révolter.

86 LES VEPRES SICILIEINNES.

Contre nous déclarés , les vents et les orages Défendent aux proscrits d'approcher des nvages.

PROCIDA

Il faut vaincre sans eux.

SALVJAÏI.

Les chefs des conjurés, De l'ordre de Montfort troublés , désespérés, N'écoutant qu'à regret ma voix qui les arrête, Veulent par un aveu détourner la tempête.

PROCIDA

Tu n'as pas ranimé leur courage abattu?

SALVJATI.

L'effroi dans tous les cœurs a glacé la vertu.

LORÉDAN

Eh bien, mon père?

PROCIDA

Eh bien, j'approuve leur prudence.

Ensemble de Montfort implorons la clémence. Cet ordre inattendu qui les mande à la cour Leur ouvre comme à toi l'accès de ce séjour. Gaston seul est à craindre, et son retour funeste.... Il n'importe, obéis; je prends sur moi le reste. Qu'ils viennent, dans une heure ici je les attends. Gardons une heure encor la foi de nos sernicns. Est-ce trop exiger? oseront-ils se taire?

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