‹ Théâtre de C. DelavigneChapitre 46 sur 156 · LORÉDAN, AMÉLIE · texte numérisé non relu

LORÉDAN, AMÉLIE

LORÉDAN

Vous daignez, par égard au mallieur qui l'accable, Accorder l'entretien que demande un coupable ! Un banni !

AMÉLIE

Quels regards! ab! vous m'épouvantez.

Laissez-moi m'éloigner, laissez-moi fiiir...

LORÉDAN

Restez.

Contraint d'abandonner les lieux qui m'ont vu naître. Je vous quitte, Amélie, et pour toujours peut-être ; Sans cesse importuné de témoins odieux, Faudra-t-il vous forcer d'entendre mes adieux? L'n borrible soupçon me tourmente et me ronge; Délivrez-moi du trouble oii ce doute me plonge:

90 LES VEPRES SICILIENNES.

Gardez de me tromper, songez que je vous vois, Que je vais vous parler pour la dernière fois.

( à part. )

Expliquez-vous , seigneur. Ah ! je frémis d'avance.

LORÉDAN

Je veux savoir de vous si la reconnaissance ,

Si l'amour, les sermens reçus par l'Eternel,

La ferveur qu'on étale au pied de son autel ,

Si le respect profond des droits de la nature ,

Ne sont qu'un jeu cruel, un piège, une imposture.

AMÉLIE

Vos étranges discours redoublent mon efïVoi.

LORÉDAN

Vous pouvez sans remords lever les yeux sur moi ! Une lettre en secret tantôt vous fut remise...

11 est vrai.

AMELIE.

LORÉDAN

Dans VOS mains on ne l'a pas surprise?

AMÉLIE

Non.

LORÉDAN

Qu'en avez-vous fait?... Cïontiens-toi, malheureux. Montrez-moi cet écrit... il le faut... je le veux !...

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