‹ Théâtre de C. DelavigneChapitre 58 sur 156 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

AMÉLIE, ELFRIDE.

ELFRIDE.

O spectacle effroyable! ô funeste délire !

AMÉLIE

Montfort est-il sauvé?

ELFRIDE.

J'ignore s'il respire.

Du lieu saint, à pas lents, je montais les degrés , Encor jonchés de fleurs et de rameaux sacrés. Le peuple , prosterné sous ces voûtes antiques Avait du roi prophète entonné les cantiques. D'un formidable bruit le temple est ébranlé. Tout-à-coup sur l'airain ses portes ont roulé. Il s'ouvre; des vieillards, des femmes éperdues, Des prêtres, des soldats, assiégeant les issues. Poursuivis , menaçans , l'un par l'autre heurtés , S'élancent loin du seuil à flots précipités. Ces mots: Guerre aux tyrans! volent de bouche en bouche;

Page 1