‹ Théâtre de C. DelavigneChapitre 61 sur 156 · AMÉLIE, LORÉDAN, MONTFORT, ELFRIDE · texte numérisé non relu

AMÉLIE, LORÉDAN, MONTFORT, ELFRIDE

MONTFORT

Aux portes du palais , dans la foule abattu , De la lumière enfin j'ai recouvré l'usage. Us avaient disparu, fatigués de carnage.

LORÉDAN

Ah ! c'est lui !

MONTFORT

Par degrés j'ai rappelé mes sens; L'amour a soutenu mes efforts languissans; En m'approchant de vous, hélas! j'ai cru renaître.

AMÉLIE

Nos soins et nos secours vous sauveront peut-être.

LORÉDAN

O terre , engloutis-moi !

MONTFORT, à Amélie.

Vous mon guide ! 6 destin !

Tu m'avais épargné, Lorédan, mais en vain. Je poursuivais le chef de ce peuple rebelle; Je suis tombé , percé d'une atteinte mortelle : Du meurtrier la nuit m'a dérobé les traits.

Va, tu seras vengé.

MOIVTFORT.

Quoi! tu le connaîtrais?

AMÉLIE

Vous !.

LORÉDAN

Tu vas me maudire, et déjà je m'abhorre; Je suis bien criminel... plus misérable encore. Mon père allait périr ; troublé, désespéré, J'ai couru le défendre, et mon glaive égaré... Pardonne-moi, Montfort, 6 mon compagnon d'armes! Par ces mains que je baise en les baignant de larmes, Au nom de cet amour si fatal à tous deux, Par (;et objet sacré qui partage tes feux ; J'affermirai ton bras que la force abandonne ; Frappe, voilà mon sein, venge-toi, mais pardonne!

MONTFORT

Je fus le seul coupable, et je devais mourir; Trop d'orgueil m'aveuglait. C'est peu de conquérir; Vous ne régnez qu'un jour, tout vainqueurs que vous êtes , Si l'amour des vaincus n'assure vos conquêtes. Approche... viens... je touche à mes derniers momens. Viens, reçois mes adieux et mes embrassemens.

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