AMÉLIE, LORÉDAN, MONTFORT, ELFRIDE
MONTFORT
Aux portes du palais , dans la foule abattu , De la lumière enfin j'ai recouvré l'usage. Us avaient disparu, fatigués de carnage.
LORÉDAN
Ah ! c'est lui !
MONTFORT
Par degrés j'ai rappelé mes sens; L'amour a soutenu mes efforts languissans; En m'approchant de vous, hélas! j'ai cru renaître.
AMÉLIE
Nos soins et nos secours vous sauveront peut-être.
LORÉDAN
O terre , engloutis-moi !
MONTFORT, à Amélie.
Vous mon guide ! 6 destin !
Tu m'avais épargné, Lorédan, mais en vain. Je poursuivais le chef de ce peuple rebelle; Je suis tombé , percé d'une atteinte mortelle : Du meurtrier la nuit m'a dérobé les traits.
Va, tu seras vengé.
MOIVTFORT.
Quoi! tu le connaîtrais?
AMÉLIE
Vous !.
LORÉDAN
Tu vas me maudire, et déjà je m'abhorre; Je suis bien criminel... plus misérable encore. Mon père allait périr ; troublé, désespéré, J'ai couru le défendre, et mon glaive égaré... Pardonne-moi, Montfort, 6 mon compagnon d'armes! Par ces mains que je baise en les baignant de larmes, Au nom de cet amour si fatal à tous deux, Par (;et objet sacré qui partage tes feux ; J'affermirai ton bras que la force abandonne ; Frappe, voilà mon sein, venge-toi, mais pardonne!
MONTFORT
Je fus le seul coupable, et je devais mourir; Trop d'orgueil m'aveuglait. C'est peu de conquérir; Vous ne régnez qu'un jour, tout vainqueurs que vous êtes , Si l'amour des vaincus n'assure vos conquêtes. Approche... viens... je touche à mes derniers momens. Viens, reçois mes adieux et mes embrassemens.