SCENE V
GRANVILLE, BELROSE.
GR AN VILLE
Je te revois enfin, mon vieil ami Lebrun!
BELROSE.
Tjebrun, pour un artiste, est un nom trop commun; Je m'appelle Belrose.
GRANVILLE
Eh bien , Belrose passe.
Te souvient- il, mon cher, qu'autrefois, dans la classe, Tu te mêlais déjà de déclamation?
Ton instinct t'y portait.
BELROSE.
Dis ma vocation.
GRANVILLE
Te voilà donc acteur; c'est un métier fort triste.
162 LES comp:diens.
lîELROSE.
En nous parlant, vois-tu, le mot propre est artiste.
Artiste, si tu veux; si bien que ton appui Peut m'impatroniser dans la troupe aujourd'hui.
BELROSE.
Tu te feras chasser avec ignominie ;
La troupe! Eh! d'où viens-tu ? Dis donc la compagnie.
GRANVILLE
A tout propos, morbleu, veux-tu me contrôler?... Je n'ai qu'à dire un mot , mon cher, tu vas trembler.
BELROSE.
Quel est ce mot terrible?
GRAN VILLE
Ecoute , ou vous menace D'un coup d'autorité dont le seul bruit vous glace.
BELROSE, étonné.
C'est vrai ! Paris vers nous détache un inspecteur, Qui doit porter dans l'ombre un œil observateur, Et, pour venger les droits de l'art en décadence. Foudroyer nos talens dans sa correspondance. Serais-tu, par hasard... ?
GRANVILLE
Oui. Chut !