‹ Théâtre de C. DelavigneChapitre 80 sur 156 · ACTE I, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VI

Que trois ou quatre fois j'ai manqué de mémoire. Ils sifflent sans égard dès qu'ils sont mécontens : A quoi servira donc qu'on ait des sentimens?

GRANVILLE

Le public, dont l'arrêt punit ou récompense, S'informe comme on joue et non pas comme on pense.

BLINVAL

Monsieur, depuis vingt ans je soutiens qu'il a tort;

{ à Bel rose. )

C'est là mon grand débat avec votre Victor, Dont vous donnez ce soir une pièce nouvelle. Monsieur est son ami, puisqu'il prend sa querelle?

GRANVILLE

Je ne l'ai jamais vu.

BLINVAL

C'est trop heureux , ma foi.

Ne le voyez jamais.

GRANVILLE

Puis-je savoir pourquoi?

BLINVA.L.

Au goût du métromane il joint l'humeur d'Alceste; Tout se peint à ses yeux d'une couleur funeste , Et cet orgueil chagrin , qui n'a jamais plié. Des égards qu'il nous doit se croit humilié. Jamais d'un mot flatteur sa voix ne nous caresse:

Sa franchise parfois frise rinipolitesse. Je lui demande un jour, après Agamemnon : Ai-je été bien sublime? Il m'a répondu : Non. C'était fort déplacé. Par ce ciel que j'atteste!...

BELROSE.

Revenez sur la tene.

BLINVAL

Eh bien ! je le déteste Franchement, bonnement; et je serai veugé, Car Bernard doit ce soir lui donner son concré

CRAN VILLE

Vous dites?...

BELROSE.

Du conseil doyen et secrétaire, Pour vos yeux exercés il n'est point de mystère. Donnez-nous sur Lucile une explication.

Elle aime ce Victor?

BLINVAL

Comment! de passion.

GRAIN VILLE

De passion !

BLINVAL

C est sûr.

BKLROSE, à Gianville.

Le cœur de nos déesses

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